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    Archives mensuelles : novembre 2007

    Quelques inondations remarquables (3)

    Paris 1910

    1162293b77f3595e6f117d4809229682.jpgLes inondations de 1910 ont atteint l’épaule du Zouave ! Le Zouave du pont de l’Alma sert de référence lors des crues de la Seine à Paris bien que la référence officielle à l’heure actuelle soit le pont d’Austerlitz.

    Cette crue débuta le 20 janvier et les rives du fleuve furent inondées jusqu’au 28. C’est en automne que se mirent en place les conditions qui aboutirent à cette crue très exceptionnelle.

    Via le sous-sol – cave, métro, réseau d’égouttage – l’inondation s’est répandue loin des berges du fleuve. Le métro fut paralysé sur pratiquement toutes les lignes et les dégâts furent extrêmement importants.

     Des cartes postales de Paris sous eau en 1910 sont accessible à l’adresse suivante : http://www.lesia.obspm.fr/~malherbe/cartes-postales/Inondation1910/index.html

    Piers Corbyn persiste et signe

    L’agence Belga fait à nouveau écho à l’annonce d’une super tempête selon des prévisions établies il y a déjà quelques mois sur le site de weatheraction. Cet avis de l’agence Belga est paru le 20 novembre. C’est assez cocasse car déjà la tendance anticyclonique commençait à se dessiner et depuis lors elle se confirme. Conclusion : c’est encore raté. Déjà que la tempête du 10 au 11 novembre n’a pas eu lieu. En fait il y a bien eu beaucoup de vent, sans atteindre le niveau de tempête. La seule chose correcte pour cette période était que le vent serait fort avec des dégâts. Mais la tempête annoncée pour le 10 et le 11 ne fut pas au rendez-vous. 

    Ce que je reproche le plus à ce type de prévision, c’est qu’il annonce avec aplomb un événement extrême en précisant même qu’il sera aussi violent que la tempête de 1703. Il va jusqu’à donner une vitesse de vent de 210 km/h, valeur qui n’a jamais été atteinte à ce jour en Belgique.  

    Super tempête sur la Belgique?

    L’astrophysicien britannique et météorologue Piers Corbyn affirme que les Pays-Bas et une partie de la Belgique pourraient être frappés par une super tempête lors du week-end prochain. Son collègue finlandais Hagelstam affirme que les probabilités sont de 90%. Les services météo annoncent pour leur part un temps calme ce week-end. (belga)

    Quelques inondations remarquables (2)

    La Loire 1852 – 1856 –1869

    La Loire est un fleuve capricieux. Ses crues peuvent être terribles et provoquer d’énormes dégâts. Sa dernière grande crue date de 2003 avec un niveau de 4,85 m au-dessus de son niveau « normal » à Digoin. Mais la plus grande date de 1846 avec un niveau de 7,40 m, crue essentiellement due à la Loire c’est-à-dire avant la jonction Loire-Allier.

    En 1852, une crue importante s’est également produite. Les cités riveraines ont fait des travaux pour rehausser les digues. Mais 4 ans plus tard, lors d’une nouvelle crue (5,70 m), la Loire passe à nouveau au-dessus de ces nouvelles digues. De nouveaux travaux sont entrepris pour relever à nouveau les digues. En 1866, une crue de 6,30 m provoque de nouveaux débordements malgré les travaux réalisés. Après concertations, les entités riveraines décident de détruirent les digues et de laisser toutes les zones submergées au fleuve et donc de ne plus construire dans cet espace qui avait été envahi par les eaux.

    Mais l’Homme a oublié et a entrepris de construire à nouveau dans cette zone. Les crues de 1973 et plus récemment celle de 2003 ont été la cause de nombreux dégâts.

    La figure 2 montre l’historique des grandes crues de la Loire entre 1846 et 2006. On peut se rendre compte que les plus grandes crues datent d’avant 1910, c’est-à-dire longtemps avant la problématique du changement de climat.

    Référence bibliographique : Bruno Ledoux, 1995,   Les catastrophes naturelles en France, Document Payot

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    Cyclone Sidr sur le Bengladesh

    Le Bengladesh est situé dans une des régions où les cyclones tropicaux sévissent. Ce pays, un des plus pauvres du monde, a souvent du mal à se remettre de la catastrophe qu’ils engendrent. C’est dans cette région du monde où l’on a observé les cyclones les plus meurtriers :

    §         novembre 1970 : le cyclone Boha fait 150 000 morts, 100 000 disparus selon un décompte officiel mais on estime le nombre de morts à plus de 500 000,

    §         avril 1991 : Gorky tue 138 000 personnes et cause près de 2 millions de victimes,

    §         novembre 2007 : sans doute plus de 30 000 morts lors du passage de Sidr.

     

    La raison de ce nombre élevé de victimes est la topographie du pays. En effet le Bengladesh est principalement constitué du delta de plusieurs fleuves dont le Bramapoutre. Il s’agit d’une immense plaine à très faible altitude : moins de 5 m jusqu’à plus de 80 km du littoral. Un ouragan est accompagné d’un soulèvement de l’océan en dessous de son centre. Un ouragan de la force 4 comme Sidr provoque une élévation du niveau de la mer de 4 à 5 m. Cette vague pénètre dès lors profondément à l’intérieur des terres sur une zone où la densité de population est élevée. Il en résulte un nombre de victimes et de morts très importants.

     

    En outre, le faible relief n’oppose pas beaucoup de résistance aux vents engendrés pas l’ouragan. Il pénètre rapidement à l’intérieur des terres et ne s’affaiblit pas aussi vite que dans d’autres régions. Les vents restent violents loin du littoral. De plus, le système d’alerte des cyclones est bien moins efficace que dans les pays au niveau économique plus élevé. Tous ces facteurs font que les cyclones tropicaux ont des effets extrêmement  néfastes dans cette pauvre région du monde.

    Novembre 2007 première neige en haute Belgique

    Le 9 novembre, la neige faisait son apparition sur les hauteurs ardennaises. Au journal télévisé, la journaliste annonçait : « Il a déjà neigé en Belgique » ! Et moi, je me disais « Seulement ! ». En effet cette date de première neige est relativement tardive. Normalement, les premières neiges au sol surviennent sur le sommet de la Belgique entre le premier octobre et le 15 novembre. A une altitude de 500 m, cette date varie entre le 18 octobre et le 4 décembre.
    Le 24 octobre 2003, toute la Belgique se réveillait sous un manteau blanc. Cette date était tout à fait normale pour Botrange. En revanche, elle était très exceptionnellement précoce pour le littoral où la date moyenne de premier enneigement est le 21 décembre (c’est normal entre le 27 novembre et le 14 janvier).
    Comme quoi la relativité des choses est toujours de mise en climatologie !

    Quelques inondations remarquables (1)

    Les Déluges

    On ne peut que commencer par les Déluges. Car ce sont des récits que l’on retrouve dans l’histoire de nombreux peuples. Ce sont aussi les premiers récits de pluies importantes causant des inondations catastrophiques.

    On retrouve ces récits dans la tradition mésopotamienne comme « L’épopée de Gilgamesh » qui a été reprise par la religion juive puis catholique sous le récit du Déluge et Noé.

    Les Grecs ont aussi dans leur légende le récit d’inondations catastrophiques causées par Zeus, ne laissant que deux survivants Deucalion et Pyrrha pour repeupler la Terre. Ce récit est repris par Aristote dans son livre « les Meteorologica ».  Ovide reprend le récit de pluies provoquant d’importantes inondations dans ses « Métamorphoses ».

    L’Islam a la même base traditionnelle que la religion juive à savoir la religion mésopotamienne. Le Coran parle également du déluge et de Noé. Mais il y a quelques différences notables. Premièrement il n’est pas dit que le déluge était global, il aurait très bien pu être local. Deuxièmement Noé est un prophète dans le Coran et en plus de sa famille, les personnes bonnes, qui croient en Dieu, l’ont suivi dans l’arche.

    On retrouve le mythe du déluge dans l’Indouisme où le premier homme Manu est sauvé par le premier avatar de Vishnou, Matsya. Lui aussi échappe au déluge en construisant un bateau. Manu deviendra par la suite le premier législateur de l’hindouisme.

    Ces récits de pluies diluviennes se retrouvent également dans les religions des Mayas et de Incas. On le retrouve dans le Popol Vuh, littéralement « Le livre du temps » est l’équivalent de la Bible pour la religion Maya.

    La question de la réalité de ces déluges est toujours ouverte. Plusieurs hypothèses ont été formulées. Il me semble évident que de grandes inondations se produisent régulièrement. Dès lors qu’elles aient marqué de façon profonde ces civilisations anciennes n’est pas étonnant. Ces civilisations naissantes se sont en outre développées après la dernière glaciation et le réchauffement qui s’en suivi est à l’origine de la remontée du niveau des océans, inondant de façon remarquable les régions côtières. Une autre hypothèse des géologues américains William Ryan et Walter Pitman (1998), mais valable uniquement localement, est la remontée du niveau de la Méditerranée et l’ouverture du détroit des Dardanelles avec le remplissage de la mer Noire. Il est fort probable que différents événements géologiques ou des pluies extrêmement intenses peuvent être à l’origine de plusieurs récits de Déluges.

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    Figure 1 : L’arche de Noé selon le graveur du XIXème  siècle Gustave Doré.

    Normales saisonnières de novembre

    Normales saisonnières : Novembre

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    Les causes des inondations (3)

    Des inondations peuvent être causées par une rupture d’une poche glacière. Il arrive lors de la fonte estivale que l’eau qui coule sous un glacier reste prisonnière sous ce dernier. Elle s’y accule, augmentant la pression sur la glace. Lorsqu’elle trop grande, il y a rupture de la glace, libérant un grande quantité d’eau et de matière. La rupture d’une poche d’eau sous-glaciaire, située à 3150 m d’altitude environ, a entraîné la libération d’une importante masse d’eau, estimée à 200000 m3. À cette eau se sont ajouté les 90000 m3 de glace qui constituaient le bouchon qui a été Toute cette masse en mouvement a ensuite emprunté l’étroit couloir du Bossonney. Le mélange d’eau, de glace et des matériaux érodés a donné naissance à une lave torrentielle énorme.

    17322a644bb4e77928e0a227e9ca7dc0.pngDes inondations peuvent également être causées par la remontée du niveau des nappes phréatiques. Des pluies continues et/ou à répétition peuvent s’accumuler dans les nappes phréatiques. Si la quantité d’eau qui arrive est supérieure à celle qui s’évacue par les sources, le niveau de la nappe remonte et lorsqu’elle arrive à la surface du sol, elle inonde l’environnement. Les inondations de la Somme au début de l’année 2001 ont été dues à la crue de la Somme mais cette eau ne s’évacuait pas car les nappes phréatiques étaient complètement remplies.

    Normales saisonnières de décembre

    Normales saisonnières : Décembre

    Températures maximales 

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    Températures minimales 

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