Commentaires récents

    Archives mensuelles : janvier 2009

    Images remarquables

    Des trous dans le brouillard !

     

    img.php.pngLe 27 janvier, le brouillard a diminué la visibilité dans une très grande partie du pays (voir l’image satellite ci-dessous). Cette image de la Belgique ne montre pas l’extension maximale du brouillard dans la journée du 27 janvier. En vert, il y a les régions qui ont échappé à la chape du stratus et dans la masse blanche, il y a deux trous, l’un à hauteur de Bruxelles et l’autre à Anvers qui sont apparus vers 12 h et qui ont disparu vers 14 h 30.

    Les villes ont une fréquence de brouillard inférieure à la campagne avoisinante. La nature des sols et les évacuations rapides de l’eau des précipitations sont responsable d’un assèchement plus prononcé et plus rapide de l’air en milieu urbain. L’air y est donc plus sec.

     

    Dans le cas de ce mardi, l’apparition de ces trous dans le brouillard a une autre cause. Nous sommes en hiver et le matin, la température était négative sur tout le pays (voir graphiques des températures de quelques stations du réseau de mesure de l’IRM. Le chauffage urbain a pu démarrer une turbulence. Ces mouvements ont permis une dissipation locale du brouillard. La disparition du brouillard et l’augmentation de la température sont nettement visibles sur les graphiques d’Uccle et de Deurne alors que durant l’heure de midi, la température restait stable à Beauvechain, Gembloux et Zeebrugge par exemple.

    tt447_27012009.png
    tt450_27012009.png
    tt458_27012009.png
    ttgmb_27012009.png
    ttzee_270120099.png

    Les régions en altitude étaient aussi épargnées par le brouillard. Dès que le Soleil était suffisamment haut dans le ciel, son rayonnement à permis à la température d’augmenter. Et on peut voir l’évolution toute différente de la température à Saint-Hubert. À 13 h, on y avait 0°C soit 3°C de plus qu’au lever du Soleil alors que les autres stations , restées dans le brouillard, n’avaient pratiquement pas d’élévation de la température au milieu de la journée.

    Ce brouillard quasi généralisé a permis de voir, via les images satellites et les graphes de la température, des comportements différents selon que l’on soit dans un milieu urbain ou rural, ou que l’on se trouve en basse ou en haute Belgique.

    ttshu_270120099.png

    Les noms des tempêtes européennes

    afe28114-ebe4-11dd-ac76-c8012f2f19f8.jpgIl n’est pas d’usage de donner un nom aux tempêtes extratropicales comme on le fait pour les cyclones tropicaux. Néanmoins, lorsqu’un phénomène violent passe sur l’Europe occidentale, on lui donne un prénom.

    Mais d’où viennent ces prénoms ?

    C’est une étudiante allemande de l’université de Berlin qui a eu l’idée de donner des prénoms aux dépressions et aux anticyclones pour rendre les cartes météorologiques plus lisibles. Pour les dépressions, ce prénom sera masculin les années impaires et un prénom féminin les années paires. Pour les anticyclones, on utilise la convention inverse. Et l’Institut météorologique de l’Université de Berlin a gardé cette idée. Cette tradition est restée limitée aux informations météorologiques dans les journaux, radios et télévisions de Berlin. En février 1990, deux tempêtes, Vivian et Wiebke, marquèrent les esprits et l’idée de nommer les tempêtes importantes s’est répandue en Europe. Surtout que l’année 1990 avait été marquée dans notre pays par une série impressionnante de 9 tempêtes consécutives entre le 25 janvier et le 1er mars.

    À la suite de cette nouvelle tradition, les deux grandes tempêtes de 1999 sont connues sous les prénoms Lothar et Martin. Ces deux bombes (tempêtes à développement très rapide) ont été à l’origine d’une controverses à propos des conséquences du réchauffement climatique sur la fréquence et l’intensité des tempêtes futures. D’autres tempêtes ont marqué le début du 21ème siècle comme on peut le voir dans la liste ci-dessous.

    La tempête, que le sud-ouest de la France vient de connaître, a reçu le nom de Klaus et devrait être classée comme catastrophe naturelle par les autorités françaises ce mardi matin.

    Noms des tempêtes de vents célèbres en Europe :

    1990

    • Tempête Daria
    • Tempête Herta
    • Tempête Vivian
    • Tempête Wiebke

    1999

    • Tempête Anatol
    • Tempêtes de fin décembre 1999 en Europe

    · Tempête Lothar

    · Tempête Martin

    2005

    • Tempête Erwin

    2007

    • Tempête Kyrill

    2008

    • Tempête Emma

    2009

    • Tempête Klaus

    Pluviôse

    Ce 20 janvier, un nouveau mois du calendrier républicain a commencé. Son nom pluviôse rappelle que l’hiver est aussi une période pluvieuse. Si, pour nos régions (Belgique, nord de la France), le régime pluviométrique est relativement régulier au cours de l’année, pour d’autres régions plus méridionales et surtout dans le climat méditerranéen, le régime annuel des pluies montre une variation saisonnière plus marquée avec un minimum estival et un maximum en automne ou en hiver.

    Ce mois, qui correspond au signe du verseau, commence le 20 janvier et se termine le 18 février du calendrier grégorien.

    On constate donc que les mois du calendrier républicain se calquent sur les saisons astronomiques. Les 3 mois de l’hiver sont donc nivôse, pluviôse et ventôse.

    Une autre caractéristique du calendrier républicain est le nom attribué au jour de la semaine. Et encore, je ne devrais pas dire semaine mais décade. En effet, un mois républicain est divisé non plus en semaines mais en décades. Celles qui composent le mois pluviôse sont les décades numérotées de 13 à 15. Les jours du premier au dixième de la décade portent respectivement les noms de : primidi, duodi, tridi, quartidi, quintidi, sextidi, septidi, octidi, nonidi et décadi.

    Images remarquables

    Modification des glaces de mer le long de la péninsule Antarctique

     

    larsen_tmo_2008348.jpg

    Acquis le 13 Décembre 2008

    larsen_tmo_2009002.jpg

    Acquis le 2 Janvier 2009

    Des conditions météorologiques changeantes ont laissé leurs marques sur la glace de mer le long de la péninsule Antarctique, à la fin 2008 et début 2009. À la mi-décembre 2008, de l’eau de fusion de la glace de mer était visible en bleu ciel sur l’image du 13 décembre. Au début de 2009, la glace de mer apparaît en blanc, et des fissures ont commencé à être visibles le long de la marge de la glace. Le MODIS (Moderate Resolution Imaging Spectroradiometer) de la NASA sur le satellite Terra a capturé ces images le 13 décembre 2008 (en haut) et le 2 janvier 2009 (en bas). Les deux images montrent la partie nord de la péninsule antarctique.

    Sur l’image du 13 décembre, une couche de l’eau de fusion repose sur la surface de la glace de mer. Cette eau de mer s’est rapidement congelée le long de la côte et elle ne présente aucun mouvement avec le vent, ni les courants océaniques. Au cours de l’été précédent, il a fait suffisamment froid sur la péninsule antarctique pour permettre à la glace de persister et les chutes de neige ont pu s’accumuler sur la glace au cours de cette période. L’eau pouvait résulter de la neige, de la glace fondue ou d’une combinaison des deux.

    Sur l’image prise le 2 Janvier, la teinte bleu ciel a disparu, ce qui indique que l’eau de fonte a été drainée soit par des fissures dans la glace ou s’est congelée. L’image en pleine résolution de cette scène montre la formation de nouvelles glaces de mer dans les zones au sud, ce qui suggère que c’est plus que probablement de la glace de mer congelée. Une tempête ou un front froid en passant sur cette région a pu faire baisser la température juste assez pour former de nouvelles glaces. Bien que l’eau de fonte ait disparu, la glace de mer a été craquelée et plusieurs fissures elles sont apparues le long de la lisière des glaces dans le nord de la péninsule.

    Le long du pourtour de l’Antarctique, la glace de mer se développe de façon spectaculaire au cours de l’hiver et se réduit de façon aussi spectaculaire en été. L’apparence de l’eau de fonte sur la glace de mer en décembre 2008 (fin du printemps dans l’hémisphère sud) n’est pas pour autant une indication de changements climatiques mais c’est bien une indication de changements saisonniers. La péninsule antarctique a toutefois connu des changements suite au réchauffement du climat. Contrairement à la glace de mer, qui gèle et dégèle selon un rythme saisonnier, de la glace continentale s’est attachée aux côtes. Historiquement, le plateau de glace Larsen au large de la péninsule a été divisé en quatre sections du nord au sud : A, B, C et D. Le Larsen A s’est désintégré en 1995, et le Larsen B l’a été en 2002. (Plus récemment, le plateau de glace Wilkins, plus au sud le long de la péninsule, a connu un éclatement à la fois aussi bien en été qu’en hiver).

    Quand un plateau de glace se sépare d’une côte, il laisse souvent des traces et un vestige de la plaque de glace Larsen apparaît dans ces images. Le reste de pl
    ateau est plus facilement repérable dans l’image du 13 décembre, où il contraste avec le fond bleu des étangs.
    Ce résidu du plateau se connecte avec l’île Robertson à l’est.

    Source ESA

     

    Épisode froid de 2008-2009 à Uccle

    Comme à la fin de l’année 1996 début 1997, nous avons connu un épisode froid, presqu’aussi qu’à cette époque. En effet entre 1997 et 2008, nous n’avions plus connu à Uccle de journée très froide (température minimale inférieure à -10°C).

    Chaque épisode froid (ou chaud) a ses propres caractéristiques. On peut cependant comparer différents paramètres qui peuvent les caractériser. C’est ce que l’on trouve dans le tableau suivant :

    Paramètres

    2008-2009

    1996-1997

    Durée (= nombre de jours de gel consécutifs)

    18

    25

    Température moyenne (°C) sur cette durée

    -3,0

    -4,7

    Température maximale moyenne (°C)

    0,2

    -1,2

    Température minimale moyenne (°C)

    -6,0

    -7,0

    Température minimale absolue (°C)

    -12,8

    -14,0

    Nombre de jours d’hiver (tmax &l
    t;0°C)

    7

    18

    Nombre de jours froids (tmin <-5°C)

    10

    18

    Nombre de jours très froids (tmin <-10°C)

    2

    6

    L’examen du tableau montre clairement que la vague de froid de 96-97 fut plus sévère que la vague de froid que nous venons de connaître.

    Du coté enneigement, la neige s’était maintenue du 31 décembre 1996 au 10 janvier 1997 (11 jours) et l’épaisseur maximale de la couche de neige avait été de 3 cm. Cette année, la neige a atteint 8 cm et s’est maintenue 8 jours au sol (du 5 au 12 janvier 2009).

    C’est l’hiver 1962-1963 qui reste le plus froid de tous les hivers observés à Bruxelles-Uccle depuis 1834. La température moyenne pour les 3 mois de cette saison a été de -2,0°C et les températures négatives ont été observées pendant 74 jours sur les 90 que compte l’hiver.

    Hivers froids

    Les derniers hivers froids

    Les périodes de grand froid sont des événements extrêmes et par conséquent rares. Une vague de froid n’est pas aisée à définir car plusieurs facteurs peuvent entrer en ligne de compte : la durée, l’intensité (soit par le moment le plus froid, soit par la température moyenne au cours de la période de gel, soit par le nombre de jours avec une température en dessous d’un certain seuil, …). Beaucoup considère aussi la présence de neige au sol comme critère d’hiver rigoureux ce qui n’est pas toujours vrai car des périodes de froid peuvent commencer sans précipitations qui précédent l’arrivée du froid.

    Le matin de ce 6 janvier à Uccle, la température est descendue en dessous de – 10°C et s’est produite autour de 9 h. La dernière fois que cette valeur de -10°C avait été franchie remonte au 3 janvier 1997. Au cours de cet hiver 1996-1997 on a observé 6 jours en dessous de -10°C avec un minimum de -14,0°C le 1er et le 2. Le minimum à cette date dans le pays était observé à Elsenborn avec ‑21,4°C. Ensuite, il faut remonter à février 1991 pour retrouver 4 jours avec des valeurs inférieures à -10°C. C’est au cours des trois hivers 1984-1985, 1985-1986 et 1986-1987 que l’on a eu assez bien de jours avec des minima en dessous de ce seuil de -10°C. Le tableau ci‑ dessous reprend la fréquence annuelle des jours très froids.

     

    Année

    Jours avec des minima en dessous de -10°C

    1954

    8

    1955

    1

    1956

    19

    1960

    3

    1961

    2

    1962

    1

    1963

    18

    1964

    1

    1966

    3

    1968

    4

    1969

    1

    1970

    1

    1971

    2

    1972

    1

    1973

    1

    1976

    3

    1978

    1

    1979

    5

    1982

    2

    1985

    14

    1986

    2

    1987

    5

    1991

    4

    1996

    3

    1997

    3

    L’hiver 1962-1963 a été le plus froid avec une température moyenne de -2,0° pour cette saison et on y a totalisé 19 jours de très grand froid. Au cours de cet hiver, il y a eu 96 jours consécutifs de gel (température minimale inférieure à 0°C) à la Baraque Michel entre le 1er décembre 1962 et le 6 mars 1963. Février 1956 fut un mois particulièrement froid avec 19 jours de très grand froid et une température minimale moyenne inférieure à ce seuil de -10°C. À Uccle, la température la plus basse au cours de ces 30 dernières années fut de -16,9°C le 8 janvier 1985.

    Les hivers les plus marquants furent 1942, 1947, 1956, 1963, 1979, 1985, 1986, 1987 et 1997. Les grosses couches de neige ne correspondent pas nécessairement à ces hivers. La dernière fois que la couche de neige a atteint plus d’un mètre sur les Hauts Plateau fut en mars 1988.

    Hivers froids

    Indicateurs d’hivers froids

    Au cours de l’émission « C’est vous qui le dites » de ce lundi 5 janvier sur Vivacité, un critère d’hiver froid était la glace que l’on pouvait voir sur les vitres des maisons, phénomène que l’on ne voit plus guère ces dernières années.

    givre_vitre.pngS’il est vrai que l’on ne voit plus ce phénomène, ce n’est pas parce qu’il faisait plus doux au cours des hivers précédents, mais bien parce que les techniques de chauffage et d’isolation ont fortement changé ces dernières années. Le chauffage central a remplacé les poêles à charbon et chaque pièce de nos demeures est équipée de radiateur alors qu’un poêle ne se trouvait auparavant que dans le pièce le plus souvent occupée, les chambres n’étant en général pas pourvues de système de chauffage.

    L’autre grand changement est survenu dans l’isolation. La plupart des fenêtres sont actuellement équipées de double vitrage ce qui fait une énorme différence par rapport à une simple vitre. L’air étant un très bon isolant, c’est sur ce principe que l’on a conçu le double vitrage. La simple vitre se refroidit sur toute son épaisseur. Aussi la surface interne est presque aussi froide que la surface extérieure et quand il gèle, la surface intérieure peut aussi avoir une température négative. Les pièces de la maison étant relativement chaudes, l’humidité de l’air va se condenser sur la vitre froide et de la buée va apparaître. Si cette surface intérieure est en dessous de zéro degré, c’est de la glace qui va s’y former. Dans un double vitrage, la vitre extérieure est froide mais la vitre intérieure est chaude. Il n’y a plus de condensation qui se forme sur la vitre. Et comme l’espace entre les deux vitres a un contenu en eau très faible, il n’y a aucune condensation sur la vitre extérieure du double vitrage.

    Ces deux facteurs font que le givrage des vitres dans un local légèrement chauffé n’existe plus. On ne peut donc pas considérer que la disparition de ce phénomène est une marque du réchauffement du climat.

    Ce matin, ceux qui ont un simple vitrage avec peu ou pas de chauffage dans leur chambre à coucher auront encore pu avoir la possibilité de voir ce phénomène, toutes les conditions d’apparition de ce phénomène de givrage étant remplies.