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    Archives mensuelles : août 2007

    Records et tendance climatique

    Voilà que je découvre un article [ce n’est qu’un peu de pluie] et je constate une mauvaise interprétation de ce que j’ai dit à l’époque. Un record de température n’est pas un signe de réchauffement de climat. Ce n’est pas parce qu’on a eu à Uccle un mois d’avril sans pluie que la pluviosité a changé. Si c’était le cas, peut être n’aurions nous pas entendu dire que l’été était pourri ! Les records font partie de la variabilité du climat. En revanche, le nombre de mois qui ont des valeurs moyennes au-dessus de la normale est un indice du réchauffement climatique que l’on observe depuis 1988.
    Une augmentation de la température va avoir comme conséquence de favoriser le dépassement des anciens records. Mais même durant une longue période stable dans la moyenne, des records aussi bien en plus qu’en moins peuvent être battus. Le meilleur exemple est celui de l’ensoleillement qui ne présente pas de tendance à l’heure actuelle. Or en août 2006 on battait un record de déficit d’insolation, en avril 2007, huit mois plus tard, on avait un record d’excès de la durée d’insolation. Pour la pluie c’est un peu différent. Comme la distribution statistique est particulière du fait qu’on ne peut pas descendre en dessous de 0 mm pour les valeurs les plus basses, c’est un peu plus difficile de battre des records vers le bas. Avril 2007, avec un total pluviométrique nul, a atteint le seuil le plus bas et tout ce qui pourrait arriver à l’avenir c’est une égalisation, mais il ne pourra plus jamais être battu.

    Eté normalement pourri !

    Nous voilà à la fin de l’été. Alors que beaucoup de gens ont la sempiternelle expression « L’été est pourri » à la bouche, les chiffres sont sans appel : tout est normal !
    Le titre du journal Le Monde, « L’été humide s’explique par les caprices de l’anticyclone des Açores » est correct. Encore faut-il pouvoir expliquer pourquoi l’anticyclone a été capricieux. L’anticyclone des Açores est resté relativement dans une position méridionale, laissant de ce fait la place libre aux dépressions. Ces dernières ont normalement une position plus proche du cercle polaire que nos latitudes en été. Plus particulièrement, des dépressions ont élu domicile sur la Grande Bretagne et c’est la France qui a subi d’une manière générale des précipitations relativement importantes : selon Météo France, dans plusieurs stations, des records de pluviosité ont été observés en juillet et pourraient être observés en août.
    À Uccle, les valeurs de cet été sont proches de la normale. Le tableau suivant reprend les valeurs de l’été 2007 (moyenne ou totaux au 27 août 2007 inclus) ; les normales et les records avec l’année. Les valeurs des précipitations sont normales. La température est excédentaires par rapport à cette normale et cet excès est caractérisé d’anormal c’est-à-dire qu’il se reproduit en moyenne une fois tous les 6 ans. Le déficit de l’insolation est quant à lui caractérisé de très anormal, soit une période de retour d’une fois tous les 10 ans.

    Moyenne ou total
    Normale
    Température
    17,3°C
    16,5°C
    Soleil
    454 h
    585 h
    Précipitations
    253 mm
    216 mm
    Nombre de jours de pluies
    50 j.
    48 j.
    Record +
    Année
    Température
    19,7°C

    2003
    Soleil
    825 h
    1947
    Précipitations
    364.8 mm
    1992
    Nombre de jours de pluies
    68 j.
    1860
    Record-
    Année
    Température
    13,9°C
    1841
    Soleil
    404 h
    1888
    Précipitations
    42,9 mm
    1921
    Nombre de jours de pluies
    18 j.
    1835
    Finalement cet été n’est pas aussi mauvais qu’on voudrait nous le faire croire. Ce n’est pas le grand beau temps avec ces vagues de chaleur. On est loin des drames qui frappent la Grèce et même si on a eu quelque
    s épisodes avec des inondations, on est de loin de vivre les situations dramatiques qui ont été vécues en plusieurs points du globe.

    L’ouragan : une puissante machine thermique !

    Un ouragan est une puissante machine thermique qui prend son énergie de la chaleur de l’océan.
    Au départ, un ouragan est un orage ou une dépression au-dessus d’un océan dont la température est de 26°C au moins sur une importante épaisseur. Comme l’eau est chaude, il y a une importante évaporation. L’évaporation demande beaucoup d’énergie qu’elle prend à l’eau de mer. En se chargeant de vapeur d’eau la dépression fait le plein d’énergie. Quand l’air monte, il se refroidit. La vapeur d’eau se condense, forme les nuages. Mais surtout, elle libère son énergie qui se transforme en mouvement de l’air. Ce vent devient de plus en plus fort au fur et à mesure que ce cycle évaporation-condensation continue. Ce qui sous-entend que le cyclone reste au-dessus de l’océan. 

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    Selon l’énergie emmagasinée, la valeur de la pression atteinte en son centre et les vitesses du vent, on classe le cyclone tropical dans une échelle dont les valeurs de 1 à 5 : il s’agit de  l’échelle de Saffir-Simpson.
    Dès qu’il passe au-dessus d’une île ou qu’il atterrit sur le continent, il perd très rapidement de sa puissance, car il est privé de son énergie. Certains ouragans ne passent pas au-dessus de terre. Dans ce cas, en remontant vers le nord, il passe sur un océan de plus en plus froid qui lui fournit de moins en moins d’énergie. Il perd de la puissance jusqu’à devenir un simple dépression

    Dean, le premier ouragan de l’Atlantique en 2007

    ad46c56c2f8e1fa986fddc0d6733db26.jpgNous sommes passé la mi-août, et voilà qu’apparaît seulement le premier ouragan !
    Souvenez-vous de 2005 ! Cette année-là, on a compté 15 ouragans, le premier, Cindy,  ayant sévi entre le 3 et le 7 juillet. Le dernier, Epsilon, était aussi un ouragan de catégorie 1 mais il a vécu entre le 29 novembre et le 8 décembre ; ce qui est très tardif dans la saison. De plus, on a observé 3 ouragans qui, à un moment de leur vie,  ont atteint 5, la plus haute valeur de l’échelle Saffir-Simpson.  L’année passée au contraire,  seulement 4 ouragans ont fait leur apparition dans le bassin Atlantique. Ce qui contraste très fortement avec l’année précédente. Deux sont restés au niveau 1 et deux ont atteint la catégorie 3. Trois d’entre eux n’ont concerné que l’océan. Seul Ernesto, dans sa phase ouragan, s’est approché d’Haïti.  
    Dean a fait son apparition en temps que tempête tropicale le 15 août et a atteint le niveau 4 ce 19 août. Selon les prévisions, après être passé sur la Jamaïque et avant de toucher le Yucatan au Mexique, il devrait se classer dans la catégorie 5. Ensuite, après avoir traversé le golfe du Mexique, il devrait passer dans le nord de ce pays. Au moment où il touchera le continent, sa puissance diminuera très rapidement et ne sera plus qu’une tempête tropicale puis une simple dépression. Quand un ouragan passe au-dessus de terres, il fait toujours beaucoup de dégâts. Espérons que, pour les régions soumises régulièrement à ces événements météorologiques, ce sera le seul.

    Fin de l’été, un avis prématuré de la part de présentateurs météo !

    Dans le Standaart  et Het Laatste Nieuws, deux présentateurs de la météo (Eddy De Mey à VTM et Frank Deboosere à la VRT) annoncent qu’il n’y aura plus d’été. C’est exact que les prochains jours verront des températures tout à fait dans les normes d’un mois d’août. On n’aura pas d’ici le WE de fortes chaleurs. Bien que la fiabilité des prévisions diminuent au-delà de 5 jours, la tendance reste à un temps doux et variable d’ici le 25. Au-delà de cette date, cela devient de plus en plus hasardeux de faire une telle annonce.
    Les prévisions saisonnières ne sont jamais que des tendances mensuelles et ne peuvent pas donner une prévision de ce type au-delà de 15 jours.
    Rappelez-vous l’année passée. Après un mois d’août sombre et pluvieux, le mois de septembre fut très estival. Statistiquement, on peut encore avoir des 30°C au cours des deux premières décades du premier mois de l’automne météorologique et une vague de chaleur est plausible au cours de cette période, même si sa probabilité devient plus faible. Un mois de septembre peut être plus chaud qu’un mois d’août. Ce fut le cas de 2006, 1961, 1956, 1949, 1934, 1929, 1895, 1865 et 1841.
    Rien n’est donc joué pour le mois prochain.

    “C’est un été tout à fait normal”

    Sur le site de La Libre, dans le sujet “C’est un été tout à fait normal” il y a possibilité de réagir via le lien : FORUM: ça vous fait quoi ce temps? Hurlez, pleurez, théorisez!

    Dans ce forum, il y a un article de « Léopold » intitulé : Faut pad prendre les enfnats du Bon Dieu pour des canards sauvages. dont j’ai repris le texte dans un encadré en fin de mon article.

    Je ne sais pas d’où viennent les chiffres ! Pas de l’IRM, cela est certain. L’année où juillet fut le plus sombre est 2000 avec 93,3 h de Soleil et non 2001 (188,1 h). Le maximum ne fut pas de 386 h en 1933 mais 314,4 en 1959. Cette année on a enregistré 178 h 15 min de Soleil (voir http://www.meteo.be/meteo/view/fr/1007691-Juillet+2007.html), la normale étant de 195 h de Soleil.

    Le calcul (max+min)/2 donne une estimation de la moyenne mais la moyenne se calcule par la somme de tous les éléments de la série puis cette somme étant divisée par le nombre d’éléments.   Cette moyenne entre 1887 et 2007 donne 195 h de Soleil pour le mois de juillet.

    Venons en à sa discussion. Les moyennes de 20 en 20 ans donnent : 1887-1906 : 195,9 h, 1907-1926 : 187,2 h, 1927-1946 : 201,6 h, 1947-1966 : 193,7 h, 1967-1986 : 187,2 h et 1987-2006 : 203,8 h de Soleil. Alors je ne vois pas dans ces chiffres une détérioration significative de l’ensoleillement à Uccle. Au contraire, la dernière période est la plus ensoleillée. Alors, où est la détérioration ? Les variations sont du même ordre de grandeur pour le mois d’août.

    Dans son point 2, il biaise aussi son point de vue car il prend 2006 comme référence. Or le caractère hyper exceptionnel de mois de juillet 2006, n’est vraiment pas une référence. En revanche cette année, en interprétant correctement les statistiques (en prenant comme référence la moyenne et non pas l’extrême favorable), on constate que ce mois de juillet est bien normal.

    Pour s’en convaincre, j’ai joint les graphiques cités.

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    Précipitations – Uccle (1833-2007)

     

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    Ensoleillement – Uccle (1887-2007)

     

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    Températures moyennes – Uccle (1833-2007)

    Faut pad prendre les enfnats du Bon Dieu pour des canards sauvages.

    Léopold

    Le Pire se sont les conclusions de l’IRM. Les mois sont normaux.
    Sur leur ancien site on avait un diagramme intéressant. Il comparait le mois de l’année au même mois de l’année précédente et aux extrèmes.
    Celà permettait de voir des choses…..un chamboulement total.
    Sur le nouveau site cette information a disparue. Ou alros faut piocher dans des tableaux.
    Exemple de normalité:
    heure d’ensoleillment en juillet.
    2007: 185 heures.
    2006 : 350.
    Minimum: 85 en 1933.
    Maximum: 386 en 2001.

    Donc pour eux la moyenne est de (386+85)/2 = 235. donc juillet 2007 est normal.

    Ce raisonnement est faux sur plusiuers points.

    1. Si on prend une moyenne sur des tranches de 20 ans, on constate une détérioration significative depuis le début du siècle. Donc en gros celà est plus mauvais qu”avant.

    2. L’ensoleillment n’est intéressant qu’avec une température de plus de 20 degré et quand le spériodes d’ensoleillment dépassent les 4 heures. Evidemment un peu de soleil, un peu de pluie celà n’est pas très bon.
    je me suis équipé pour répondre à cette question. je vous assure que c’est une catastrophe. A la Panne au mois de juiller les gens on profité deux jours de la plage. En 2006 il y avait ….23 jours. je na’i malheureusement pas les chiffres des années antérieures. Mais souvenez-vous de votre jeunesse…nous allions
    tous les jours à la plage ou dans les dunes, non ???

    On fait dire tout ce que l’on veut aux mesures.

         

    Juillet pourri ?

    Pour beaucoup de gens ce fut à nouveau la surprise d’entendre que ce mois de juillet était normal. Pour eux, ce fut un mauvais mois : froid, sombre et pluvieux. Certains m’ont même demandé si on battait des records de pluviosité. La notion de beau temps ne correspond pas avec le climat belge.
    En effet, notre climat est tempéré avec une influence maritime à hivers doux et étés frais. Ce qui n’empêche pas d’observer des périodes de beau temps quand un anticyclone vient se placer au voisinage de notre pays.

    L’influence maritime se traduit par une fréquence élevée de jours de pluie. De deux jours de pluie sur trois en hiver, la fréquence en été est de l’ordre d’un jour sur deux. Comme le beau temps s’associe avec « absence de pluie » il est certain qu’un mois de juillet normal est d’office mauvais. Cette influence maritime se traduit également par une nébulosité abondante. Nous n’avons pas un ensoleillement équivalent à celui du Sud de la France. Il en est de même des températures. La normale d’un mois de juillet est de 17,1°C et cette année on a eu 17,2°C.  On ne peut pas vraiment dire qu’il fut froid. Et c’est nettement plus que le mois de juillet de 1841 au cours duquel le température moyenne fut de 13,4°C. Évidemment, nous sommes loin de ce qu’on a connu l’année passée. La température moyenne fut élevée, avec 23,0°C ce fut le mois le plus chaud jamais observé à Uccle depuis 1833. Il fut également largement ensoleillé et peu pluvieux. Ce mois très exceptionnel n’est pas du tout une référence pour notre climat belge. Et même, peut-on dire que ce fut un beau mois ? Pour beaucoup il fut trop chaud et on a du faire de nombreuses alertes à la canicule.
    Non, décidément un été pourri est normal dans notre pays. Et ce sera très difficile d’admettre que le beau temps, même s’il se produit régulièrement dans notre pays, n’est pas la norme.